La crème à raser reste un cosmétique tant qu'on n'ajoute pas d'allégation de traitement
Pourquoi une crème à raser ordinaire est déclarée comme cosmétique au Canada, et comment une seule allégation antibactérienne ou médicamenteuse peut faire basculer le même produit dans la catégorie des médicaments.
Une crème à raser est l'un des produits les plus faciles à déclarer, jusqu'au jour où quelqu'un du marketing écrit « tue les bactéries » sur le tube. Cette seule phrase peut faire sortir votre produit complètement de la catégorie des cosmétiques, et cela arrive plus souvent qu'on ne le pense avec les produits de rasage, parce qu'ils sont utilisés très près de la peau et qu'on les associe souvent aux brûlures de rasoir, aux poils incarnés et aux irritations.
Ce qui garde une crème à raser dans la catégorie cosmétique
Une crème ou un gel à raser standard agit en assouplissant le poil, en lubrifiant la peau et en facilitant le glissement du rasoir. C'est une fonction cosmétique : nettoyer, hydrater et préparer la peau pour le toilettage. Au Canada, un produit de ce type se déclare par le système de déclaration des cosmétiques sous la forme d'une Déclaration de cosmétique (CNF) ordinaire, tout comme une lotion ou un nettoyant. On y liste chaque ingrédient sous son nom INCI avec une concentration ou une plage de concentration, on le vérifie par rapport à la Liste critique des ingrédients cosmétiques (Hotlist), puis on dépose la déclaration dans les 10 jours suivant la première vente. Rien dans la fonction de rasage elle-même ne pousse le produit vers le statut de médicament.
Voici à quoi ressemblent généralement les ingrédients d'une crème à raser dans une déclaration :
| Nom INCI | Fonction typique | Notes |
|---|---|---|
| Aqua | Solvant | Base de presque toutes les formules |
| Stearic Acid | Émulsifiant/moussant | Base savon-crème courante |
| Glycerin | Humectant | Soin de la peau |
| Cetyl Alcohol | Émollient/épaississant | Ce n'est pas un alcool asséchant malgré le nom |
| Menthol | Agent rafraîchissant | Attention à la concentration, peut irriter à des niveaux élevés |
Aucun de ces ingrédients ne nécessite un traitement particulier au-delà de la vérification habituelle sur la Hotlist.
Là où l'allégation change tout
Dès qu'on ajoute une allégation de traitement, la fonction du produit change sur papier, même si la formule reste pratiquement identique. Voici quelques exemples qui font basculer une crème à raser vers le statut de médicament dans la plupart des marchés, y compris sous le cadre de Santé Canada, où les médicaments et les cosmétiques sont réglementés différemment :
- « Antibactérien » ou « tue les germes » sur un gel à raser
- « Traite les boutons de rasoir » ou « élimine les poils incarnés » présentés comme une allégation thérapeutique plutôt que cosmétique
- Ajout d'un actif comme le peroxyde de benzoyle ou l'acide salicylique à une concentration de traitement, avec un marketing axé sur l'acné
- Après-rasage médicamenteux prétendant guérir les coupures ou prévenir l'infection
Dès qu'on formule une allégation thérapeutique, on entre généralement dans le territoire des médicaments, ce qui implique un parcours réglementaire entièrement différent, des exigences de données différentes et, dans bien des cas, un bureau réglementaire distinct. C'est exactement la même ligne qui sépare un pain de savon hydratant d'un pain antibactérien médicamenteux. Un vrai savon vendu uniquement sur la base d'une allégation de nettoyage peut être traité différemment d'un cosmétique, mais dès qu'un savon ou un produit de rasage prétend hydrater, adoucir ou traiter quelque chose, il est jugé comme un cosmétique (ou même comme un médicament si l'allégation est thérapeutique).
La zone grise : les allégations rafraîchissantes et apaisantes
Le menthol, l'aloès et les extraits de camomille apparaissent constamment dans les produits de rasage, et le marketing adore les mots comme « apaisant » et « calmant ». Ces termes restent généralement du côté cosmétique, car ils décrivent un effet sensoriel ou de soin plutôt que le traitement d'une condition médicale. « Réduit l'irritation causée par les brûlures de rasoir » est un langage plus doux que « traite les brûlures de rasoir », et cette distinction n'est pas qu'une question de sémantique. C'est la ligne pratique que les examinateurs et les régulateurs regardent lorsqu'ils décident quel parcours s'applique.
Si vous formulez avec un ingrédient reconnu pour sa réputation thérapeutique, comme l'huile d'arbre à thé commercialisée pour « combattre les bactéries », soyez délibéré dans le texte de l'étiquette. L'ingrédient lui-même peut très bien convenir à une concentration cosmétique. C'est l'allégation qui cause le problème.
Une vérification pratique avant le lancement
Avant de déposer quoi que ce soit, relisez votre propre étiquette et votre texte marketing comme le ferait un régulateur qui les découvre à froid. Demandez-vous :
- Ce texte décrit-il une fonction cosmétique (nettoyer, hydrater, lubrifier, conditionner) ou une fonction thérapeutique (traiter, guérir, prévenir une maladie, tuer des germes) ?
- La formule contient-elle un ingrédient actif à une concentration associée aux monographies de médicaments ?
- Un consommateur raisonnable lirait-il ce texte comme « rend mon rasage plus agréable » ou comme « règle un problème médical » ?
Si vous vous retrouvez près des questions 2 ou 3, obtenez un second avis avant de déposer le produit comme simple cosmétique. Reclasser un produit après coup, une fois qu'il est déjà en tablette avec un numéro CN rattaché à une allégation cosmétique, est un bien plus gros casse-tête que d'ajuster le texte en amont.
Pour les produits qui restent clairement cosmétiques, Cosmetic Comply s'occupe de la correspondance INCI, du contrôle par rapport à la Hotlist et du dépôt réel de la CNF, avec un véritable réviseur qui vérifie le résultat avant l'envoi, pour que vous n'ayez pas à deviner si « gel rafraîchissant » risque de soulever un drapeau quelque part plus tard.
Envoyez-nous vos ingrédients, on s'occupe du reste
Un court formulaire suffit pour commencer. Chaque ingrédient est vérifié par rapport aux listes d'interdits et de restreints de votre marché, puis nous déposons votre notification et vous remettons un numéro que vous pouvez suivre.
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